1758 - 2008

DATE D 'ARRIVEE DES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES A BORDEAUX

1758 - 2008

Le Frère Lucard, Visiteur du District de Bordeaux et auteur des Annales de L'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, t.II, Paris, 1883, était particulièrement bien placé pour situer les événements bordelais. S'il est sujet à caution dans ce qu'il n'a pas recherché personnellement, il mérite habituellement confiance lorsqu'il traite des maisons dont il avait la responsabilité comme Visiteur, même lorsque ces maisons disparurent à la Révolution pour ne se relever que partiellement par la suite.

Sur l'arrivée des Frères des Ecoles Chrétiennes à Bordeaux, il situe ainsi les faits :

Les Jurats de Bordeaux perçurent quelques échos de la renommée croissante qui entourait le succès des écoles chrétiennes de la paroisse Saint-Sulpice à Paris. Ils projetèrent, dans une Délibération du 29 mai 1758, de confier plusieurs écoles de leur cité à la direction des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Tourny, intendant, approuva le projet et écrivit au Frère Claude, supérieur général, afin de lui demander des Frères. Un négociateur fut désigné, le Frère Jean-Pierre, Visiteur des maisons de la région. Le 3 juillet, au Conseil municipal, Jurats et représentant du Supérieur général arrêtèrent les termes d'un contrat de fondation entre la Ville de Bordeaux et L'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes. Une communauté de 7 frères serait établie à Bordeaux afin s'assurer le fonctionnement de trois écoles de deux classes chacune, un directeur étant déchargé de classe afin de veiller à la bonne marche de l'ensemble. Mais les Frères n'arriveraient à Bordeaux que lorsqu'ils disposeraient des locaux nécessaires à l'organisation projetée.

Sans retard, la Ville fit construire dans le quartier populaire des Chartrons à deux pas de L'Eglise Saint-Louis, une maison susceptible de loger à la fois la communauté religieuse et les deux classes nécessaires aux élèves. Les écoles publiques de garçons des paroisses Sainte-Eulalie et Saint-Michel furent restaurées.

Chacune comporta deux classes. Tout étant prêt, sept Frères arrivèrent à Bordeaux au début de janvier 1759. Je me permets de supposer que ce fût aussitôt après les fêtes de Noël et du Premier de l'An.

Frère Yves POUTET
7 mars 1978

1869
Projet d'établir un Pensionnat à la périphérie aux confins d'une zone rurale.

1873
Projet en veilleuse pendant quatre ans.

Le Pensionnat devra son implantation à une transformation de la Paroisse Saint-Genès ; à la construction de la ligne des Boulevards ; au décret impérial de Napoléon III rattachant à Bordeaux une partie de Talence.

17 novembre. Ce jour par acte notarié, l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes acquiert la propriété Sainte Anne située au 160 de la rue (chemin) de Saint-Genès. Ce domaine appartenait aux Père Marianistes. Le Père Chaminade y avait installé un Noviciat qui fut transféré en 1870 (1) dans une autre maison de la Province.

1874
3 janvier. Ouverture du Pensionnat Jean Baptiste De La Salle. Première fois que l'on donnait à l'Etablissement le nom du Fondateur des Frères. 28 élèves, 3 classes. Date surprenante pour une ouverture.

Décembre. Début des premiers travaux de construction. Pose de la première pierre à l'angle sud-ouest de l'édifice, aile Nord.

277 élèves, 7 classes. Le tarif de la pension complète est fixé à 165 F.

Superficie de la propriété : 1ha 39 ares 75 centiares.

Premier aumônier en date nommé vite après l'ouverture du Pensionnat : M. le Chanoine OUELLY.
Création d'une fanfare et d'un choeur de chant.

1875
373 élèves. Ouverture de deux nouvelles classes dénommées première et secondaire intermédiaires situées entre les 6èmes et les 5èmes du cours moyen et la 3ème et 4ème. Premières classes de transition ?

A la rentrée d'octobre 1875, les élèves trouvent la construction de l'aile gauche presque achevée.

9 novembre. Visite du Supérieur Général des Frères.

Le Noviciat évacua la maison pour la mettre à la disposition de la Nation qui y installa provisoirement l'Ecole Polytechnique. (Sur les pas du Père Chaminade P.54 E.Weltz).

1876
Statue Notre Dame du Sacré Choeur offerte par le Frère Supérieur Général (probablement celle se trouvant encore dans la chapelle ; elle porte même vocable).


1879
Création d'une société littéraire. Ses membres se réunissent le dimanche dans le grand salon et discutent de la valeur des oeuvres classiques ou d'actualité.
466 élèves : 14 classes; 238 pensionnaires ; 217 demi-pensionnaires - 11 externes ; 44 frères ; 12 professeurs laïcs.

1884
Construction préau, salles de musique, salle de bains (près retour l'aile Nord). Acquisition de l'immeuble mitoyen au midi (infirmerie) et au Nord, la maison qu'habitait le Colonel Mignot.

1885
Reconnaissance officielle de la Société Immobilière.
Président : M. Jurie. (2)

1886
Construction de l 'aile sud ; 64 x 15 m. Achat du terrain de sports à Talence « Petit Bois » (94 ares).

1887
Prolongement de l'aile Nord ; construction de la façade. Les anciennes constructions en façade sont démolies et transportées au Petit Bois à Talence.

1888
Création d'une seconde spéciale agricole-commerciale.

1890 :
Construction du retour l'aile. Acquisition d'un vaste immeuble attenant au Pensionnat destinée à recevoir plus tard la salle des Fêtes. Il s'agit de l'immeuble du 146.


1891 :
La Société Immobilière fait l'acquisition de la propriété de Chêne-Vert à Mérignac. Le château a été élevé en 1778. On l'a parfois attribué à Louis, mais il est plus probablement l'oeuvre de l'architecte bordelais Laclotte. Vaste domaine, vaste vignoble. (15 hectares).

1895 :
Première assemblée générale des Anciens Elèves. Monsieur Edmond Antin est élu Président de l'Amicale. 231 membres.


1899 :
7mai. Noces d'argent. Messe « Jean Baptiste de La Salle » à quatre voix avec accompagnement de piano, orgue ; instruments à cordes, composée pour la circonstance par M. Eugène Legros, professeur de chant au Pensionnat depuis sa fondation. Lui-même dirigeait les choeurs et l'orchestre soit un ensemble de deux cents exécutants.
16h00 : séance littéraire et musicale ;
21h : retraite aux flambeaux ; feu d'artifice ; 6000 personnes.
Voir fascicule Sté Immobilière Saint-Genès par Louis Ratabou, Président (1967) ancien élève (1909;1917) et fascicule M. Jurie.


1900 :
570 élèves ; nombre d'enseignants : 55. La sténo entre dans les programmes. Des cours commerciaux sont ouverts. Grand Prix du salon à l'Exposition Internationale Artistique et Industrielle de Bordeaux, décerné à Frère Ernest pour ses deux magnifiques dessins à la plume sur la Cathédrale Saint-André.
Diplôme et médaille d'or avec félicitations du jury à l'exposition agricole et agriculture ; fort intéressante collection de blés cultivés dans le champ d'expérience du Pensionnat.


1901 :
Achat cours de l'Argonne de l'immeuble des numéros 211 et 213. C'est en partie sur cet emplacement que sera construit en 1991 le Lycée Professionnel.

1903 :
Une menace pèse sur l'Etablissement. Le Parlement discute la loi de séparation. Elle sera votée le 7 juillet 1904. L'existence juridique de la Société Immobilière sous la Présidence de M. Jurie, évite la spoliation.


1904 :
Le Conseil de la Société Immobilière décide l'exploitation directe du Pensionnat qui compte 593 élèves répartis en 20 classes. Le Pensionnat Jean Baptiste de La Salle disparaît et laisse place à l'Ecole Saint-Genès. La direction est confiée à un laïc Monsieur Gabriel Rousseau, ancien principal du Collège de Castres. Les Frères se dispersent quelques-uns sécularisés resteront à Bordeaux.

1905 :
Saint-Genès en dépit de tracasseries administratives poursuit sa vocation d'enseignement catholique.

1906 :
Création d'une classe dite des Arts et Métiers ; dessin technique, ajustage ; cet enseignement durera 25 ans. Décès du Frère Idinaël, instituteur durant 15 ans des détenus du Fort du Hâ.

1913 :
M. Le Directeur Gabriel Rousseau décède. C'est un « ancien Frère » professeur depuis de longues années qui prend la direction : Monsieur Adolphe Clauzel.
Pose de la première pierre de la « Salle des Fêtes ». L'original du discours a été déposé dans le coffret de plomb contenant déjà la liste de tout le personnel de l'Ecole, professeurs et élèves, le nom des membres du Conseil d'Administration et celui des actionnaires de la Société Immobilière de Saint-Genès, le nom des membres du Comité, la liste des anciens élèves, les noms des membres de la Société de Saint Vincent de Paul et des Congrégations, diverses monnaies à la frappe de 1912-1913, des médailles, etc.

1914 :
6 ; 7 juin. Inauguration de La Salle. Au programme une revue à grand spectacle « Ze va vous le dire ».
Déclaration de la guerre mondiale. Saint-Genès réquisitionné est transformé en hôpital, hôpital complémentaire n° 18. (3)
(3) Voir le fascicule relatif à cette époque.

1914 :
L'Ecole ne disposera plus que de l'aile Sud (celle de la chapelle). Les sous-sols sont aménagés en classes (pour la 1ère division). Les autres élèves trouvent refuge dans des locaux désaffectés rue de Ségur. Les repas sont pris dans la Villa « Grisedelis », au 197 rue de Saint-Genès.
Dix-neuf mille deux cent soixante neuf malades ou blessés ont été soignés. Nombre de décès : 90.
Visite de Raymond Poincaré ; Clémenceau, Deschanel, Gouraud, Millerand, Mme Waldeck-Rousseau.
Concert dans la cour d'honneur par la musique de la Royal Horse Guards.

1918 :
Achat de l'immeuble du 144, afin d'éviter d'installation d'une industrie métallurgique, bruyante et gênante.

1919 :
Hôpital fermé le 10 mai. Evacué le 4 octobre. 400 élèves, 60 éducateurs.

1920-1922 :
Vente de la propriété de Chêne-Vert qui avait été, elle aussi, réquisitionnée. Acquisition du domaine de Lafitte à Talence transformé en terrain de sports ; 10 hectares.

1921 :
Pose de la première pierre du monument aux Morts.

1925 :
Gala des anciens élèves. Maurice Escandre, André Bacqué de la Comédie Française dans « le gendre de Monsieur Poirier ».

1934 :
Infirmerie rénovée ; salle d'opération.

1938 :
Jeudi Saint. Concert spirituel diffusé par Radio Sud-Ouest (achat terrain Bourgnon jouxtant l'école derrière salle des fêtes).

1939-1944 :
Septembre. C'est à nouveau la guerre et pour Saint-Genès, nouvelle réquisition. D'abord par les autorités françaises qui en font un hôpital auxiliaire. 1er juillet 1940, une compagnie de la Wehrmacht s'installe pour trois ans dans l'Aile Nord. Le préau devient un vaste atelier de réparation de véhicules militaires. Un groupe de la Kriegsmarine lui succède jusqu'au 21 août 1944.

1945 :
5 janvier. Le 28 août, Bordeaux fêtait sa libération et Saint-Genès accueillait les F.F.I. La réquisition est levée le 1er décembre. Le 5 janvier, l'Ecole récupère tous ses locaux. Une équipe de professeurs et d'élèves volontaires avaient réaménagé les classes pendant les Congés de Noël.

1950 :
Aménagements divers et nombreux ; on panse les blessures de guerre. (Voir le fascicule Société Immobilière de Saint-Genès, page 13).

1959 :
Démolition de la véranda ; aménagement de la Nouvelle.

1962 :
Transformation du choeur de la Chapelle ; nouvel autel : sculpteur Dominique Piéchaud. Consécration de l'autel par son Eminence le Cardinal Richaud.

 

1965 :
Début de la construction du lycée d'enseignement général. Vente du terrain de Lafitte et acquisition du Domaine de Fontainieu.


1967 :
Inauguration du Lycée d'enseignement général le 10 juin 1967. Cardinal Richaud, Monsieur Jacques Chaban-Delmas.

1972 :
Fusion Ecole Saint-Genès ; Ecole Jean Baptiste de La Salle Talence. 1922 élèves : 129 professeurs.

1975 :
Centenaire de l'Ecole sous la Présidence de Messieurs les Cardinaux : Jean Guyot et Paul Gouyon, anciens élèves. (4)

1978 :
Septembre : la mixité en 12ème, 11ème, 10ème, 9ème, 8ème.

1981 :
Septembre. Accueil des jeunes filles au Lycée.
Ouverture de deux classes, BEP Commerce (43 élèves).
Début du Lycée Professionnel.

1982 :
Mars début travaux de la Construction de l'Ecole.
9 octobre : Inauguration par Monseigneur Maziers et M. Jacques Chaban-Delmas.
Ouverture du BEP d'Agent d'Exploitation des Equipements audio-visuels. Deuxième année de BEP Commerce.

1984 :
Le nouveau directeur de l'Etablissement est choisi parmi les professeurs. M. Claude Giltay succède au Frère Francis Frézel.

1990 :
M. Serge Terrier succède à M. Giltay au poste de Directeur de l'Ensemble Scolaire.
Antenne mobile. Une classe aménagée dans un bus à la disposition des itinérants.

1991 :
Octobre. Début de la construction du Lycée Professionnel.

1997 :
Construction des nouveaux laboratoires de Sciences et de la nouvelle restauration.
M. Roulleaux-Dugage succède à M. Terrier au poste de Chef d'Etablissement de l'Ensemble Scolaire.
Voir la brochure éditée à cette date.

1999 :
Fermeture de l'internat et aménagement de cet espace en salle d'étude et de devoirs.
Création du premier site Web

2001 :
M. Gilbert Gaillouste, nouveau Chef d'Etablissement de l'Ensemble Scolaire.

2004 :
Extension du Lycée Professionnel.

2008 :
Après 250 ans de présence à Bordeaux, départ de la Communauté des Frères implantée sur le site de Talence.